PPM Martinique

Lundi 06 Octobre 2008
20:41
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Serge Letchimy : 'Missions Accomplies'



En ouverture du 18ième Congrès le Président du PPM s'est exprimé devant une foule de près de 1000 personnes à la fois sur la vie du parti, "Parti Patrimoine", depuis le dernier congrès, mais également il a fait allusion à l'esprit fondateur de la Lettre à Maurice Thorez (dont on vient de célébrer le cinquantenaire), à la nécessaire mise en avant de la notion d'Autonomie (vrai projet politique), au rassemblement (démocratique ?) conjoncturel qui a pris naissance d'un conflit interne, à la pensée unique d'une certaine "autocratie locale", aux près de 6 ans d'efforts que vient de réaliser l'équipe municipale de la ville de Fort de France, à la nécessité de concevoir un vrai projet de développement durable, à la nécessaire reconnaissance de la Martinique comme Nation et comme Peuple, à la vigilance face aux prochaines échéances présidentielles pour faire valoir les positions du PPM dans le cas d'une arrivée au pouvoir du Parti Socialiste, à la précarité qui nous guette ici en Martinique, aux polémiques stériles (d'un certain groupe politique local) qui se sont manifestées à l'occasion de la participation d'une composante de la population martiniquaise lors des cérémonies du 22 mai sur la place de l'Abbé Grégoire et sur les appellations de l'Aéroport et du Lycée Schoelcher.

Extraits...


"J'avais en octobre dernier pris l'engagement de tout faire pour permettre au Parti Progressiste Martiniquais de se retrouver tous unis dans le même effort avec la même volonté et le même objectif : poursuivre le redressement et la modernisation du Parti afin de continuer la bataille entamée par nos aînés en vue de l'émancipation du peuple Martiniquais."

"Le but était de sauver un Parti, et pas n'importe lequel : Un Parti Patrimoine.

Un mouvement d'idées suffisamment riche pour mériter notre respect, notre adhésion,.. en le rénovant, en le rendant plus lisible, plus opérationnel notre mot d'ordre,.. en redéfinissant notre stratégie politique fondée sur des idées de progrès et d'autonomie,.. et en opérant de profondes réformes d'organisation."

"Une vision qui refuse le dogmatisme, qui refuse l'asservissement, une vision qui met la Martinique et le Martiniquais au centre du débat politique et autour d'une nouvelle éthique politique rendant indissociable le combat pour l'identité, le combat pour la démocratie, et le combat pour le développement.

La Lettre à Maurice Thorez est l'acte fondateur de ce principe et de cette philosophie. A l'époque c'est un acte héroïque, précurseur et révolutionnaire porté par un homme seul, empruntant seul le long chemin de la liberté, Aimé Césaire."

"Pour répondre à certains détracteurs, le PPM, patrimoine politique martiniquais, n’a jamais considéré l’idée d’autonomie comme un dogme ou comme un communautarisme étroit.

Au contraire, l’ambition, c’est,
… au-delà d’une affirmation identitaire,
… au-delà d’un cadre esthétique de plus,
… un vrai projet politique permettant d’assurer et d’assumer une organisation institutionnelle capable de réformes profondes, dans le progrès, afin de rompre avec le mimétisme et la démocratie d’exécution."

"Quand j’évoque le concept de « Parti Patrimoine », c’est que je sais qu’en tout territoire, le patrimoine marque le rapport à l’histoire, il donne du sens et de la profondeur au quotidien, il est référence pour l’avenir. Un Parti Patrimoine comme le nôtre est vivant, nous devons en être fier, c’est un patrimoine vivant, chargé de valeurs et de promesses.

Mais soyez rassurés, il ne s’agit pas aujourd’hui de faire l’apologie du Parti mais de dire la vérité ; il ne s’agit pas de créer la haine contre qui que ce soit (surtout pas, rappelez vous cette phrase du Poète : « je ne suis pas une homme de haine »), l’essentiel n’est pas là."

"Que tous sachent que le PPM, parti fraternel, parti de rassemblement, doit demeurer un lieu de référence, un lieu de mémoire, un lieu de démocratie, malgré les dénigrements."

"Mais il me semble juste de rappeler que le baobab de référence et le flamboyant aux profondes racines sont toujours solidement ancrés sur les pentes de Trénelle et resterons toujours solidement ancrés sur les pentes de Trénelle."

"Il y a un an, le PPM comptait à peine 500 militants.
Le parti approche les 1100 militants inscrits et à jour de leur cotisation.

Il y a un an, le parti comptait à peine 17 Balisiers dont la moitié en état d’abandon manifeste, pour lesquels personne ne s’est mobilisé pour les aider à se relever.
Aujourd’hui nous comptons 32 Balisiers dont de nombreux en commune, hors de Fort-de-France."


"Quant à moi,
Mon engagement depuis 2001 a été respecté :

Au plus bas de la fosse, au plus bas des difficultés, l’équipe municipale a fait un travail considérable pour engager Fort-de-France sur la voie du redressement et de la modernisation.

Je veux ici, ce soir, remercier mon équipe,
… les élus du Conseil Municipal,
… les Foyalais et Foyalaises de tous les quartiers,
… les Progressistes de tous lieux qui m’ont aidé à ne pas trahir Aimé Césaire et à œuvrer pour
… que cette ville demeure le Rempart des Consciences
… que cette ville donne l’exemple de la nécessaire modernisation à l’ensemble de la Martinique.

Cette mission, compte tenu de son importance, compte tenu aussi des impératifs de crédibilité, d’honnêteté et de rigueur, m’a conduit à prendre la décision de me consacrer qu’à un mandat.

Pour réussir ce pari jugé par d’autres impossible à gagner, l’essentiel c’était de rétablir la confiance. La confiance dans l’homme politique et la confiance dans l’action de l’homme politique.

6 ans après, en Mars 2007, date-anniversaire des élections municipales, je remettrai à mon parti le bilan de mon action politique, de mon action de développement pour la Ville de Fort-de-France et la Communauté d’Agglomération sous le titre suivant: «Missions Accomplies » . "


"Mais je me permettrai d’ajouter les commentaires suivants : « Accomplies, oui, mais dans une terrible souffrance et un sentiment d’isolement qui rappelle les moments les plus sombres traversés par Aimé Césaire »."

"Isolé je le suis, isolé je le resterai, s’il le faut.

Seul le Peuple tranchera."

"Rappelons que la lutte pour l’autonomie est indissociable de la lutte pour la reconnaissance de la Martinique comme Nation et comme Peuple. C’est une évidence pour nous. Nous devons nous appliquer à diffuser ce message."

"Parlons-en : des échéances essentielles se profilent, dès 2007. Certes, les socialistes français seront nos partenaires privilégiés, car ils partagent nos valeurs de socialisme, de la solidarité et du respect de l’homme.

Mais nous devons demeurer vigilants pour faire valoir nos positions."

"Ce qui est demandé, ce n’est pas une compétence de plus, c’est un pouvoir d’auto-institution et d’exercice légal de la responsabilité publique."

"Comment accepter cette Martinique des 30.000 RMIstes,
… des 16% d’habitants vivant sous les seuils de pauvreté (contre 6% en France),
… des 108.000 personnes qui bénéficient de la CMU,
… des chômeurs de longue durée qui représente 46% des sans-emploi,
… de cette population souffrant d’illettrisme estimée à 22% de la population,
… des centaines de personnes vivant de l’urgence sociale,
… des 15.000 demandeurs de logement subissant la précarité de l’habitat,
… des 5.000 toxico-dépendants auxquels des acteurs courageux n’ont pu proposer qu’une dizaine de lits à l’hôpital Clarac.

Et la précarité nous guette. D’ici 2010, 25% de la population aura plus de 60 ans."

"Etre progressiste, c’est penser le changement.
C’est se préparer à l’organiser.
C’est se mobiliser pour l’exercer.
"

"Nous avons assumé une ouverture qui est pour moi historique, sur la Place Abbé Grégoire, l’an dernier. Cette ouverture n’est pas ni concession ni compromission.

C’est la possibilité de donner à l’autre l’occasion de s’exprimer,
… de reconnaître les erreurs et les crimes
… tout en s’engageant à participer à une humanité réparatrice nouvelle.

On sait à quels commentaires aigris cet événement a été livré."

"Ce sont les mêmes qui ont conspiré cette grave manipulation pour rayer Schoelcher de la mémoire collective.

Fut-il blanc, Schoelcher a contribué à l’abolition de l’esclavage qu’il considérait lui-même comme « un crime de l’Homme contre l’Homme ».

Ce sont les mêmes qui ont tenté d’opposer deux grands hommes de cette Terre, Aimé CESAIRE et Frantz FANON, qui dans l’Humanité entière resteront deux hommes engagés dans la lutte anti-coloniale et pour le respect de l’Homme. "

"Alors chers Amis,
« je suis sur votre compte ».
ces mots formulés lors du dernier Congrès par Aimé CESAIRE pèsent lourdement dans la responsabilité que nous aurons à assumer."

Samedi 28 Octobre 2006

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