PPM Martinique

Lundi 06 Octobre 2008
20:49
Télécharger Le Progressiste du Mercredi 16 Avril 2008



Restez en contact avec le PPM en recevant notre Newsletter. Merci d'indiquer ci-dessous votre adresse e-mail.
 

Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

Manifeste pour Le Sens du Pays 'Aux hommes et aux femmes de bonne volonté'



Manifeste pour Le Sens du Pays 'Aux hommes et aux femmes de bonne volonté'
« Le pays dépend bien souvent du coeur de l’homme, il est petit si le coeur est petit, grand si le coeur est grand » Simone Schwarz Bart

Chaque jour, les media nous présentent des hommes et des femmes qui se préparent à être la femme ou l’homme providentiel pour leur commune. Être candidat c’est très bien, mais candidat à quoi ? Pour faire quoi ? Avec qui ?

Le texte qui suit se veut l’amorce d’un débat et peut être à terme l’amorce d’une démarche politique commune de la gauche et des démocrates de tout bord à Rivière-Salée, dans le Grand Sud et sur la Martinique toute entière.

Nous souhaitons sortir de l’émiettement, de la multiplication des groupes politiques locaux, pour répondre à la problématique de la rénovation de l’action politique.
Nous souhaitons nous nourrir de tout ce qui émerge dans le mouvement social, des groupes et des associations qui posent des questions de fond sur le devenir de notre pays.
Nous avons besoin de devenir un lieu, un espace pour travailler notre culture politique :

Quelles sont nos références ?
Nos outils théoriques ?
Nos modèles historiques ?
Nos limites aussi et la manière de les dépasser ?
Nos ambiguïtés et les questions qui restent en suspens ?

Il nous faut passer du stade de l’agitation continuelle à une appréhension globale de notre réalité politique. Avant de donner des leçons, de dire ce qu’il faudrait faire pour résoudre tous les maux de notre société, nous souhaitons regarder, écouter, comprendre. Il nous faut nous interroger sur la classe politique telle qu’elle est et telle qu’elle devrait être, sur l’émergence d’une société civile qui ferait contrepoint aux discours politiques actuels, sur les moeurs politiques en vigueur où clientélisme et précarité créent une dépendance matérielle et morale contrariant l’exercice de la démocratie.
Nous devons développer une capacité autonome à dire vrai. Ce sera détonnant, inédit. Nous serons peu nombreux à le faire. Ceux qui pourraient nous y aider se font rares. Nous aurons besoin d’esprits critiques, non d’individus qui flagornent ou à la botte du prince, ou plutôt du petit baronnet. Nous aurons besoin de personnes libres et de bonnes moeurs intellectuelles, intéressées par les débats et non les postes éventuels. Nous aurons besoin d’échanges, nous aurons besoin d’écrits pour revivifier notre pensée.
Nous prétendons « faire de la politique autrement ». Quelle prétention en effet que de croire que l’on peut avoir des valeurs et les défendre, que l’on peut avoir des principes et s’y tenir, que l’on peut respecter les citoyens, les considérer comme des personnes et non des sujets à maintenir en situation de dépendance.

« Faire la politique autrement » comment ?

Il faudra mener une réflexion sur les conditions réelles d’une démocratie participative, sur les conditions historiques et culturelles de la Martinique. Il faudra travailler à l’animation du débat public aussi bien sur les problèmes politiques que sur les questions de société. La résolution de la crise de la représentation politique ne dépend pas seulement de l’honnêteté de tel ou tel dirigeant, voire de la réussite de telle ou telle action qu’il ou elle aurait initiée. Elle tient essentiellement dans la réduction de la fracture entre la population et la représentation politique. Pour ce faire nous devrons oeuvrer à la création d’un espace public politique, être à l’écoute de ce qui affleure dans notre société et rompre par conséquent avec les postures des « leaders charismatiques ».

Aujourd’hui, il s’agit de rompre avec une classe politique se prévalant du « peuple », se donnant bonne conscience en « faisant du terrain » et en organisant des rencontres de « proximité » mais en fait seulement préoccupée de sa reconduction aux postes électifs et se parlant à elle même.

« Faire de la politique autrement » c’est rétablir le contact et plus encore trouver une manière de rendre ces contacts féconds, pérennes, directement lisibles par tous.

Nous ne souhaitons pas faire du neuf avec du vieux mais être partie prenante de l’émergence d’un nouveau paysage. Nous souhaitons rompre avec l’idée que l’on ne peut travailler que par affinités électives, partisanes.

Autrement dit, il s’agit pour nous de rassembler ce qui est épars, de travailler à l’émergence d’un rhizome politique.

POUR UN PROJET ALTERNATIF

Il y a aujourd’hui une réelle difficulté à mobiliser sur la base d’un projet alternatif de société, dans un pays ou l’imprécision des objectifs est réelle, dans un pays où la politique est perçue par nos concitoyens comme une affaire d’intérêts particuliers. Des citoyens qui donnent l’impression de se désintéresser des affaires de la cité, en désertant l’espace public parce que conscients que l’on n’accorde à leurs suffrages qu’une finalité purement instrumentale. Des citoyens qui, dans le même temps, sont nombreux dans le monde associatif illustrant ainsi leur soif d’engagement et de responsabilité. Comment les blâmer de se détourner ainsi de la politique, lorsque l’on constate que dans leur grande majorité les élus limitent leurs ambitions à la gestion des collectivités locales en prenant bien soin d’éviter de se prononcer sur les grandes questions de notre temps ?

Sur les grands enjeux (le développement économique, le TCSP, les réformes institutionnelles, notre rapport à la France), la classe politique actuelle, à quelques exceptions prés, n’a pas l’adhésion entière de la population, bien au contraire, le patent désamour et la montée en puissance du populisme montrent bien le hiatus croissant entre la grande majorité et les élites, ou supposées telles.

Pourtant des choses se font, des gens osent, des initiatives émergent qui montrent que rien n’est perdu et que c’est à partir du local que nous pourrons demain agir sur le global. Un des indicateurs de cette tendance est le nombre croissant d’associations de quartier, de proximité. Elles portent le mouvement social, et sont soutenues par une nouvelle race d’hommes et de
femmes « ENGAGES ». Cette personne engagée comprend l’importance des groupes secondaires, elle comprend qu’il faut inscrire dans le local des nouvelles solidarités, qu’il faut les renforcer. Elle comprend qu’il ne faut pas forcément toujours se tourner vers les mêmes acteurs pour lutter contre la misère de tous les jours. C’est elle qui, dans le cadre d’associations ou de regroupements informels, comprend qu’il faut lutter contre la solitude des déshérités, contre l’ampleur des phénomènes d’exclusion (drogue, suicide, précarité, chômage, mal être, violences).

C’est une femme ou un homme à l’articulation entre les habitants et les acteurs institutionnels, et là il exerce une fonction de tiers et de médiation. En prise avec les attentes multiples des habitants, il joue le rôle de «palpeur sensitif » des besoins et des potentialités des habitants. Il est aussi capable de traduire en savoirs empiriques, son expertise du quotidien, c’est lui qui oeuvre à Thoraille Douboutt, à l’Acier Trempé, à l’Eclair Basket, au Vélo Club ou à la chorale de Petit-Bourg…

Daniel ROBIN,
Conseiller Régional PPM.




Mardi 20 Novembre 2007

Elections | Dossier d'Actualités | Economie | Tribune | Agenda | Politique | Editorial | Communiqués | Santé | Tourisme | Education | Projet Sociétal | Caraïbes - International | Hi Tech / Innovation | Congrès


Autonomie pour la Nation Martiniquaise
référencement marketing et liens sponsorisés