PPM Martinique

Mercredi 19 Novembre 2008
18:29
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23 Mars 1961 : article de Césaire dans Le Monde (document fourni par Camille Darsières)



23 Mars 1961 : article de Césaire dans Le Monde (document fourni par Camille Darsières)
Le PPM est créé en mars 1958. Le 2 juin de Gaulle est chargé d’élaborer la constitution de la Ve République. Dès le 7 juin, Le Progressiste écrit que Les élus d’outre-mer attendent du Général de Gaulle la réalisation des réformes qu’ils ont vainement espérées des gouvernements parlementaires classiques. André Malraux, ministre de l’Information, rencontre Césaire, à la Mairie de Fort-de-France. Ayant parfaitement compris les craintes du PPM, il lit un message du Général : Grâce à la Constitution que les Français vont se donner, les élus de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane devront pouvoir participer à l’adaptation de nos lois aux nécessités locales… .

Hélas, pas l’once d’une décentralisation. Grande nervosité. En décembre 1959, des émeutiers mettent le feu pendant trois jours et trois nuits dans Fort-de-France. Le Conseil Général, le 24 Décembre, à l‘unanimité demande que des conversations soient entamées immédiatement entre les représentants qualifiés des martiniquais et le gouvernement pour modifier le statut de la Martinique en vue d’obtenir une plus grande participation à la gestion des affaires martiniquaises.

Le gouvernement ne fait aucun geste politique fort. Il s’installe dans la routine et la répression. En Mars 1961, lors d’une grève trois ouvriers agricoles sont tués au Lamentin par les forces de l’ordre. Alors, dans Le Monde, du 23 mars, Césaire, sous le titre : Crise dans les départements d’outre-mer ou crise de la départementalisation ? alerte l’opinion.: La vérité c’est que le problème des départements d’outre-mer est fondamentalement un problème politique, et que la crise des départements d’outre-mer n’est pas autre chose que la crise de la départementalisation. ……

Et c’est, d’abord, un constat négatif : Aujourd’hui ma conviction est que, pour la politique antillaise de la France, l’heure de la révision déchirante est arrivée, que l’artificiel régime départemental ne peut plus durer. … le régime départemental ne peut manquer d’apparaître ce qu’il est en réalité : un obstacle au progrès économique et une entrave… Puis, constructif : des peuples frustrés du droit de se gouverner eux-mêmes, frustrés du pouvoir d’orienter, fût-ce dans une mesure infime leur propre destin ; à la limite, frustrés d’eux-mêmes, se réveillent à une revendication nouvelle : celle de leur personnalité et de l’autogestion.

Temps idéologiquement fort du PPM. Enorme pavé dans la mare politique locale. A partir de cet article, l’échiquier politique est perturbé : des socialistes deviennent « socialo-gaullistes », des communistes passent au gaullisme : Iln’y a plus que dedux clans artificiels : les « bons », soit les « départementalistes », et les « méchants autonomistes-indépendantistes ». La cible majeure est la formation par qui « le mal est arrivé » : le Parti Progressiste Martiniquais, parti de contestations mais force de propositions. Parti d’opposition. Force de résistance. Interdit d’ondes, d’antennes et de presse écrite. Des décennies. Des décennies. Jusqu’à l’avènement du premier gouvernement socialiste d’après-guerre. Mai 1981...

Lundi 20 Novembre 2006

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